Du haut de mon toît / Petite école

Comme je vous l’ai peut-être déjà mentionné, j’écris mon journal généralement « perché » sur le toît de ma maison. C’est le seul endroit où les bruits de la famille se mélangent au même niveau avec ceux du village. J’y suis tranquille et j’y suis bien. En écrivant aujourd’hui vers 14hrs, j’ai eu une petite visite de deux de mes frères et d’une petite soeur. Je voulais vous partager ce moment de pure folie. En plus, ça vous donne une idée de la vue que je peux avoir sur le village.

Après cette petite séance, j’avais cours à donner aux élèves de l’école du soir (élémentaire). Tant qu’à avoir mon appareil, je vous ai pris un petit vidéo pour vous montrer à la fois une rue de Darou et une petite idée de ce que peut avoir l’air une école sénégalaise.

Merci encore de votre support, je vous adore !!

Voyager …

J’écrivais dans mon journal ce matin et j’avais vraiment envie de partager avec vous un passage réflexif sur le fait-voyage. Alors me voici de retour au Cyber pour vous partager ces quelques brides. En même temps, ça vous donne un bref aperçu de ce que je couche sur papier pendant mes journées sénégalaises … Et pourquoi pas une petite mise en contexte? J’écris généralement bien assis sur le toît de mon domicile, placé de façon à ce que je puisse voir Darou d’un coup d’oeil. Je suis seul, je suis bien et du soleil plein la tête (littéralement, il fait 37 ici)
Retour à l’expérience sénégalaise … j’ai bien peur de réaliser que j’étais au Sénégal seulement à mon retour. Je ne sais pas si j’ai déjà tenu ce discours en ces pages, mais peu importe, il est important selon moi d’y revenir si tel est le cas. Alors voilà, voyager est très différent de ce que je m’étais imaginé. Tout ce que j’avais comme expérience de voyage, c’était des témoignages d’amis voyageurs ou bien les documentaires télévisés en plus des transformations observées chez ces amis, dont mon frère qui vit le paroxysme de son échange interculturel cet été. Ils sont tous imbibés de la culture étrangère des pays qu’ils ont visités. Ca, c’est ce que j’ai pu voir et vivre avant de partir.

Maintenant, je vis ce qu’on peut vivre qu’en voyage … évidemment … : l’expérience directe. Ce qui est étrange, c’est qu’on ne se sent pas nécessairement différent ou « déplacé », principalement parce que je suis ici. Mon corps et mes organes sensoriels sont ici, au Sénégal. Ce que je vis c’est le présent alors que ce qu’on vient chercher c’est le futur. C’est ce que le voyage va nous avoir apporté, ce qu’on va s’être approprié. La culture, les souvenirs, les amitiés, les habitudes, etc.

Je me suis souvent dit qu’en voyage je ne prendrais pas beaucoup de photos (j’en prends peu, c’est vrai), que je ne ramènerais pas de souvenirs… Je comprends aujourd’hui que c’est différent de ma vision. J’ai franchement besoin de rapporter avec moi des morceaux du Sénégal, que ce soit du tissu, un djembé ou des « gris-gris », en plus des autres objets qui me permettront de faire découvrir ce pays à mon retour. C’est par ces objets et à travers eux que toute mon expérience sénégalaise pourra refaire surface des années durant. J’aurai ainsi en ma possession pour la première fois de ma vie(je crois …) des objets d’une valeur innestimable qui ne pourront jamais être remplacés.

Alors voilà, j’espère que vous avez apprécié! Vous me direz peut-être qu’il ne faut pas accorder tant d’importance aux objets et je suis tout à fait d’accord avec vous. Par contre, il ne s’agît pas ici d’une table IKEA ou d’un jeu vidéo (sic). On parle ici d’objets qui auront pour moi un sens très spécial, qui m’accompagneront durant ma vie pour me rappeler que oui, j’étais bien au Sénégal le jour de mes 27 ans.

Voilà, à la prochaine.

Guillaume qui se sent vivant.

Un autre pot-pourri (faute d’inspiration)

Alors voilà, faute d’inspiration et de nouvelles vidéos, je vous fait un bref survol de mon existence des derniers jours.
Journée typique

Beep de montre à 6h30 causé par un excès de motivation la veille. Au menu : pushup, setup, jumping jack, douche, petite-déjeuner. Faut être en forme pour avoir un beau corps musclé à la sénégalaise! …juste un petit snooz avant ….ha et puis un autre … Donc, lever à 8h00 causé par le trop plein de bruits de la maison (vous ne pensiez tout de même pas que j’allais changer tant que ça!). Au menu finalement : petit-déjeuner.

Alors pour la matinée, parfois c’est la cuisine (c’est arrivé une fois), parfois c’est le lavage (c’est arrivé une fois), parfois c’est la lecture d’un Xéme roman (c’est arrivé plein de fois) ou bien préparation pour donner un cours, ou bien un cours, ou bien le cyber … généralement, c’est un heureux mélange de tout ça.

Ensuite viens le déjeuner entre 13h00 et 14h30. TOUJOURS du ceebudjen (riz au poisson). Après c’est généralement le thé (thé vert + menthe + trop de sucre + mousse). Si ce n’est pas à la maison, c’est ailleurs … chez un autre toubab, à l’école ou bien une invitation en chemin … Le reste de la journée ressemble vaguement au matin, mais beaucoup plus relax parce qu’il fait tout simplement trop chaud pour être trop actif.

Dîner entre 20h00 et 22h00. Pour ce repas, c’est rarement la même chose. Ca part de la bouillie de mil (ark) jusqu’au fish n’ chip (j’en veux encore!!!). Ensuite, lecture, promenade de digestion, préparation dernière minute pour un cours (par exemple ce soir…) et ensuite dodo avec mise de l’alarme à 6h30 … demain ça y est, je serai discipliné (sic) …

Enseignement

J’enseigne maintenant à trois endroits différents. Evidemment toujours au CEM de Darou ou je donne des cours de math de niveau 5 (3e secondaire au Québec). J’ai pris la classe en charge et franchement enseigner à 65 ados, ça fesse. J’ai quand même beaucoup de plaisir, mais donner la classe ici c’est vraiment une autre histoire. Sinon, j’enseigne maintenant CM1/CM2 (5e et 6e année du primaire au Québec) dans une petite école du soir où je peux travailler les difficultées des élèves en toute liberté. Il manque de prof et j’ai 12 élèves quand ils sont tous là. Ma 3e tâche en est une plutôt domestique : j’aide un frère et une soeur et préparer leur examen de passage à la 2e (diplôme secondaire).

Petits plaisirs

Fattayas achetés au bord du chemin … un genre de eggroll au poisson, bien huileux, frit et absolument délicieux.
Café (instan) bu entre toubabs. Un jour on va chez l’un, un autre jour chez l’autre.
Arachides salées et grillées … maintenant un classique
Les sandwichs de Mamdiara Bousso bouffés lors de nos réunions à Mboro-sur-Mer : boeuf, frites, salade, oignons et sauce brune X = succès assuré (oui, frites DANS le sandwich).
Esker Mica dans mes oreilles pendant que je vous écrit (3 tounes sur ma clé usb). Au fait, excellente critique sur Bande à Part !

Sur ce, je vais aller manger chez Julie (une autre stagiaire), on m’a invité ce soir.

Bachikanam!

Guillaume

Football (soccer, duh!)

Il y a deux semaines, il y a eu des activitées culturelles organisées par les élèves du CEM alors pendant trois jours c’était plutôt la fête. Le samedi avait lieu un match de foot entre les élèves et les enseignants. Score final : 3 à 3. Ne cherchez pas le toubab sur le vidéo, je n’ai pas joué. Disons simplement qu’en voyant le niveau de jeu, j’ai eu peur pour ma santé.

YouTube, sel et madame météo

Tout d’abord, je tente pour une dernière fois tout en écrivant ces lignes de mettre le vidéo des chants religieux sur youtube. Alors pour l’instant, aucune idée si ce sera possible ou non. Dans le pire des cas, je le ferai à mon retour ou bien à partir de l’Europe, pendant la deuxième partie de l’aventure.
Tout va encore toujours bien, évidemment avec ses hauts et ses bas. Après trois semaines on commence a faire partie du décors et les gens m’appellent par mon nom sénégalais dans la rue au lieu de toubab ou bien la réplique plutôt désagréable : « xonq nop » (oreilles rouges). Petit truc, on répond « nioul nop » (oreilles noires) et la réaction est instantannée : fou rire général downtown Darou.

Côté évènements divers, nous sommes allé à la plage à Mboro-sur-Mer (je tenterai de prendre des photos la propchaines fois). C’est tout simplement sublime et permet un repos bien mérité à nous, « pauvres stagiaires » que nous sommes ….. !! Nous sommes reçu dans une petite case où jembé et le Bob Marley du ghettoblaster se mélangent allégrement. Je commence à comprendre de plus en plus comment fonctionennent les vagues, mais je finis toujours par boire une belle tasse d’eau (ou deux). Révélation : l’eau de mer, c’est salé.

J’ai aussi commencé à donner de l’aide aux devoirs et des leçons dans une petite école qui reçoit des enfants après les heures de classes. Ils sont de niveau élémentaire, mais de l’adaptation, c’est de l’adaptation! Tout le monde ici est un élève à risque, tout simplement. Personne ne maîtrise la langue de scolarisation. Donc on peut imaginer le reste … difficultés en français, difficultés alors en math, en science, etc. Ces difficultés les suivent toujours, même à l’université.

Pour le reste, il fait beau et chaud, toujours. Pas besoin de madame météo à la télévision (j’en ai honnêtement jamais vue). Il fait TOUJOURS beau et chaud. Reste qu’on sent l’approche de l’hivernage (saison des pluies) parce qu’il y a de plus en plus de maringouins (ça ne bat pas juillertdans les laurentides par exemple).

J’ai fait un peu le tour, j’essaierai de vous mettre en ligne un vidéo de l’école et du village. Youtube a débloqué pendant l’écriture de cette entrée alors j’eesaierai de vous en mettre un peu plus souvent.

A la prochaine!

Très souvent et souvent très tard …

La religion prend une énorme place dans la vie des sénégalais. Ici, la population est à 95% musulmane (le reste est catholique) et beaucoup de foyers sont polygames (un homme peut avoir jusqu’à 4 épouses, comme le prophète). Il y a une différence par contre avec les autres pays musulmans. Ici, on retrouve des confrèries. Alors ce n’est ni chiite ou sunnite. C’est autre chose comme les mourides ou les tidjanes (ou prononciation proche) . Ce qui nous a tous frappé ici à Darou ce sont les chants religieux. Nous savions qu’il y avait l’appel à la prière cinq fois par jour par la mosquée comme dans tous pays musulman. Ce que nous ne savions pas par contre, c’est que la majorité des soirs/nuits, il y avait fête religieuse. Et là, ça se déplace. Un soir c’est chez quelqu’un, un autre soir chez quelqu’un d’autre. Hier, c’était chez moi.

Au CEM de Darou

Le CEM, c’est l’école où on enseigne. Ma maître associée se nomme madame Saar et le dialogue est génial. J’ai beaucoup de correction à faire et j’ai commencé ma planification pour ma future prise en charge de la classe. Au fait, j’y enseigne les mathémathiques en 5e… l’équivalent de la 2e année de secondaire. Travailler en classe sénégalaise est plutôt difficile, manque total de ressources. On est en enseignement magistral pur et les élèves ont beaucoup de difficultés à apprendre. Cependant bonne nouvelle, les enseignants font beaucoup d’efforts afin d’améliorer leur enseignement et sont vraiment des passionnés.
Ici, l’enseignement se fait en français et ceci est une grande source de difficultées. Voyez-vous, le français n’est la langue maternelle de personne au Sénégal. C’est aussi une raison pourquoi je considère que c’est un non-sens que les étudiants du baccalauréat en enseignement du fançais langue seconde ne puissent pas faire leur stage ici. Le système éducatif complet en est un d’immerssion en langue seconde, et parfois même troisième!

Ceci dit, j’ai de la correction à faire alors je vais devoir quitter. J’essaierai la prochaine fois d’ajouter quelques photos du CEM et de vous donner plus de détails concernant notre petite routine d’enseignant (jangalekat en wolof).

Je vous aime tous, continuez de m’écrire.

PS : Ce n’est pas par non désir que je réponds pas, mais je manque souvent de temps au cyber pour tout faire. Je vous lis tous sans exception!

PPS : Madame Beaudry, un courriel s’en vient d’ici vendredi inch Allah (si Dieu le veut)

Preuve que j’y suis, Mboro et gastronomie

Vous pouvez aller sur mon site Flickr (Galerie Photo) pour voir quelques-unes de mes photos. De bonnes chances que je n’en mette pas beaucoup durant le voyage puisque c’est excessivement long le transfert ici.
Pour ceux qui me demandait des nouvelles d’Alfred, il est mort … peut-être qu’il n’a jamais été vivant dans le fond. Il a sa position habituelle …. mais sur le dos …oui, il doit être mort. De toute façon j’ai fait la connaissance de Benoîte, sa soeur qui habite dans la cuisine, bien sympathique.

Aujourd’hui, j’ai eu ma première expérience « hors-Darou » sans accompagnateur sénégalais. Nous sommes allés (Joanie, Annie et moi-même) à Mboro afin de magasiner quelques machins dont un rapporteur d’angle, une règle et un cahier pour prendre des notes. Vraiment génial de se promener au milieu de fruits, poissons, gougounes, etc. Liez une odeur à chacun de ces items, voilà ce que ça sentait. Autre découverte de la journée, le Africafun à l’Anana. Pour les néophytes, c’est genre du Crush à l’anana …! Pour ceux qui connaissent mon amour du Crème Soda, disons que ça accote presque!

Ici, on mange beaucoup. Imaginez beaucoup … et multipliez par 10. On blagait que j’allais perdre ma bedaine … plus certains la … « Lekkal, il faut bien manger » … On te dit ça même si tu as mangé l’équivalent de 2 grosses assiettes. Rapidement, disons simplement vous dire qu’il y a de la viande et des légumes dans tous les plats (oui maman, je mange mes légumes). Ca fonctionne comme ceci : on dépose une immense assiette par terre sur une nape, on s’assoit en petit-bonhomme et … on mange! Avec une cuillère ou la main, toujours avec la main droite. Au fait pour la main gauche, ça se passe très bien. Pour ce qui est du petit-déjeuner, il est servit à ma chambre et je mange seul, dehors, au salon, sur le toit… c’est comme je veux. C’est généralement une baguette (oui, une baguette au complet), avec une grosse tasse de café Touba, café bien épicé (j’ajoute de l’instant pour que ce soit plus fort), du beurre et dans mon cas, un pot de confiture de papaye (cultivé et mis en pot ici, par la communauté rurale de Darou Khoudoss).

Petits délices
Arachides grillées achetées au marché pour 50 Francs (1Dollard = 400Franc)
Sac froid de pâte d’arachides mélangée avec du couscous de mil
AfricaFun à l’anana !!

Et bien voilà! J’avais de la jasette! Simplement vous dire que ça fait un bien incroyable de venir vous donner des nouvelles et de vous lire. Alors n’hésitez pas à m’écrire souvent! Dans tous ces chocs culturels, venir au Cyber est un petit bonheur que je me permet.

Achikanam!

Guillaume

En direct de Darou, Sénégal

Salamalekum !
Alors je suis présentement au village de Darou où je vis avec ma famille adoptive, les N’Diaye. Le Sénégal est le pays de la Teranga (mot wolof pour hopitalité) et le mot français n’y fait vraiment pas honneur. C’est ma famille, pour vrai, dans le sens sénégalais du terme. Le village se trouve en campagne à 15 minutes de la mer en voiture à Mboro sur Mer où des dizaines de pirogues (gal : sunu gal : notre pirogue : Sénégal) s’y trouvent attendant la nuit pour la pêche.

Lorsque je marche dans les rues de mon village, les jeunes enfants (xale, on prononce ralé) crient toubab! toubab! (blanc) ou bien bonzzzzoule, seul mot français qu’ils maîtrisent pour l’instant.

Rapidement puisque je n’ai pas beaucoup de temps, je voulais simplement remercier tous ceux qui m’ont appuyer dans mon aventure. Vous ne pouvez simplement pas vous imaginer l’incroyable expérience que je vis présentement … les mots me manquent et surtout, le clavier sénégalais est incroyablement compliqué … ! Alors merci beaucoup, je vous adore tous autant que vous êtes.

Faits dignes de mention
Ma mère s’appelle Amissayie
Mon nom sénégalais est Cheik N’Diaye (à prononcer Cheur Gaye)
Ma coquerelle adoptive s’appelle Alfred

Ba cikanam! (à bientôt!)

Guillaume le toubab

PS : les photos s’en viennent
PPS : J’ai commencé à l’école … c’est génial!