#Clair2014 (billet 1) : Identité professionnelle décomplexée

Bonjour!

Je commence l’écriture de ce billet mardi 4 février, quelques jours après mon retour de l’évènement Clair 2014. Pour l’instant, j’ai l’intention d’écrire un total de trois billets chacun portant sur une thématique bien précise soit : réflexion sur l’identité professionnelle (#1), le changement en éducation (#2) et un résumé d’exemple d’outils, d’activités ou d’approches à mettre en pratique (#3). En espérant que vous y trouviez chaussure à vos pieds, Cendrillons de l’éducation que vous êtes (tiens tiens, note à moi-même, ça pourrait être le sujet d’un autre billet ça …)

Alors, identité professionnelle décomplexée, qu’est-ce que je veux dire par là. Enseigner est un acte professionnel, chaque décision et geste sont ancrés dans les connaissances et compétences liées à notre corps de métier. L’intuition, pour faire plaisir à certains, fait évidemment partie de notre travail, mais elle reste basée sur l’identité professionnelle que l’on s’est forgée à force d’expérience et d’enrichissement professionnel (formations, lectures, échanges, etc.). C’est la trame de base de l’éternel débat sur la question « l’enseignement est-il une science ou un art ? ». Franchement, je n’ai pas envie de m’y attarder aujourd’hui, ce n’est pas le sujet de mon billet. Cette question reste tout de même très intéressante, on y reviendra peut-être dans un futur billet.

Donc, où en étais-je …. oui, l’identité professionnelle décomplexée …  Nous partageons un langage, des expériences, des échecs, des réussites, etc. Évidemment, ces derniers diffèrent d’un milieu à l’autre, d’une personne à l’autre, d’une culture à l’autre…  et parfois, partager ses idées, ses enthousiasmes, etc. peut être difficile. En éducation, on a parfois l’impression de vivre des chocs culturels. Vous savez, quand on visite un pays, on s’étonne parfois de certaines coutumes et cet étonnement va parfois jusqu’au choc. On peut tendre la main, tenter de comprendre, s’approprier les règles étrangères, ou bien on peut se fermer et se centrer sur ses propres schèmes, notre zone de confort quoi. J’ai donc parfois l’impression que c’est un peu la même chose en éducation. On vit certaines choses, on fait certaines découvertes, on veut les partager et … on a l’impression d’arriver d’une autre culture! On ne parle pas le même langage, on n’a pas les mêmes référents. On se sent comme un étranger en son propre pays! Et loin de moi l’idée de pointer un doigt accusateur vers mes collègues, elles font un travail remarquable avec des jeunes tout aussi exceptionnels. C’est à moi de tenter de comprendre, de tendre la main … de sortir mon dictionnaire de poche! 

Alors voilà, j’en viens finalement au coeur du sujet de ce blogue, ce que les évènements comme Clair m’apportent en lien avec cette identité professionnelle. À Clair, je ne suis pas étranger, je suis chez moi. Je parle sans filtre de l’éducation, sans tenter de modifier mon discours afin de le rendre compréhensible. Nous avons les mêmes référents. Et si j’ai des idées un peu trop folles, aucun éteignoir n’est à l’horizon, il n’y aucun « oui, mais », seulement « oui, et ». Quand on me parle de Ken Robinson, je sais de qui il s’agit. Quand on me parle d’école de demain, je pense à Nancy Brousseau. Quand on me parle de classe TIC (mais surtout démocratique), je pense à la iClasse de Pierre Poulin et François Bourdon. Quand on me parle de nouvelles écoles ou de nouvelles classes, je pense à différents mobiliers que j’ai vus et qui sont modifiables au besoin en fonction du moment, je pense à des écoles qui n’ont pas été construites en fonction de l’expérience scolaire personnelle de l’architecte, mais bien à partir des besoins des acteurs du milieu. Tableau vert? C’est bien, c’est pratique, mais on peut faire tellement mieux! Même chose pour le TBI, désolé, mais bâtard que la surface est petite!! Pourquoi pas un projecteur interactif avec un mur IDEAPaint? C’est moins cher en plus … Avec des commentaires aussi dithyrambiques, vous pourriez souligner un certain aveuglement… Je suis effectivement sensible à tout ce qui tourne autour des technologies et je peux m’emporter facilement, j’ai le « piton » d’enthousiasme facile. Par contre, est-ce que prends tout ce qui est dit par les différentes personnes nommées ici comme « du cash ». Non et re-non. Les TIC ne sont pas une fin en soi et doivent être au service de l’élève et non l’inverse. Il faut aussi toujours faire attention aux généralités et raccourcis, personne n’est à l’abris, mais est-ce une raison pour accepter le statu quo pour autant? Que non.

Ceci dit, j’ai la chance de travailler dans un milieu ou la direction et mes collègues sont ouvertes et prêtes à expérimenter. Reste que je dois quand même parfois sortir mon dictionnaire de poche, question de revenir à ma première analogie. Ce n’est malheureusement pas le cas pour tous… Mais en effet, quand on n’arrive pas à mettre suffisamment d’argent dans les infrastructures pour éviter un fiasco autant sanitaire que patrimonial, peut-on s’en étonner?