Je persiste et signe

Il y a deux semaines, j’ai écrit au bureau du premier ministre, M. Couillard. Les raisons du geste étaient multiples, mais venaient principalement des coupures dans le milieu de l’éducation qui, comme vous le savez, m’est très cher étant à la fois une et ma profession. Une de ces raisons était évidemment les services directs aux élèves, notamment l’aide aux devoirs. Mais vraiment ce qui m’a fait le plus réagir, c’est lorsque j’ai appris que d’autres services comme les petits déjeuners et collations allaient aussi subir des compressions. Couper c’est une chose, austérité oblige (ils ont apparemment réussi à la nous faire avaler cette pilule), mais couper directement dans les services aux plus vulnérables, là j’ai énormément de difficultés à, désolé, fermer ma gueule (plus que d’habitude je veux dire, mauvaises langues que vous êtes).

Ce matin, on apprend que des services comme les CRDITED seront aussi touchés. Ce sont des services qui manquent déjà de ressources, il n’y a AUCUN gras à couper. Il y a même des gens qui y font du bénévolat pour répondre aux grands besoins des personnes présentant des incapacités intellectuelles et/ou un trouve du spectre autistique (TSA). Ma lettre me semble donc encore à propos. Évidemment, tout n’engage que moi.

Ha! et au fait, j’ai reçu une réponse du bureau du premier ministre et j’en fus agréablement surpris, moi qui reste sans réponse aux lettres envoyées à mon député, M. Sklavounos (seulement deux, mais quand même). On m’y a invité à participer aux actuelles consultations qui ont lieu sur la révision des programmes. Là, je fus moins surpris.

Enfin, voici la lettre puisque certains curieux voulaient la lire. Je l’avais envoyée au quotidien Le Devoir et avait prévu la partager advenant une publication, mais ce ne fût pas le cas. Alors la voici!

Monsieur le premier ministre,

Comme vous le dites, il semble y avoir consensus afin de revoir l’ensemble des services et institutions du Québec. Vous semblez avoir été élu avec ce mandat. Certains éléments, comme de fixer les tarifs de garderie en fonction du revenu, semblent heurter certaines personnes, mais acceptés plus largement. J’accepte tout de même certaines conclusions et gestes sans nécessairement les partager, c’est ça la démocratie.

Cependant, plusieurs annonces des dernières semaines sont tout simplement scandaleuses et à l’opposé de ce que la population québécoise attend de vous. Sabrer dans l’éducation, c’est sabrer dans l’avenir du Québec. Ce n’est pas vrai que les commissions scolaires ont encore du « gras » à couper. Les services que vous coupez touchent les plus vulnérables de nos concitoyens. Un enfant, pour être attentif à l’école, doit pouvoir avoir le ventre plein et ne pas vivre avec l’anxiété de sauter un repas. Les enfants en difficultés, ainsi que les intervenants oeuvrant auprès d’eux, ont besoin de ressources, de temps et d’accompagnement. L’aide aux devoirs permet à ceux qui n’ont pas le temps ou le support adéquat à la maison de garder le rythme de leurs pairs en classe. C’est une question d’équité.

Je ne suis ni économiste, ni actuaire, mais la situation du Québec et l’urgence d’agir ne semble pas faire consensus. Ce n’est pas vrai que nous n’avons pas les moyens de nos programmes, votre parti sous la gouvernance de monsieur Jean Charest a créé un manque à gagner de plusieurs centaines de millions en baisses d’impôt dont personne ne semble avoir remarqué l’impact sur leurs finances personnelles. Le déficit semble plutôt être du côté de la motivation et de la volonté politique. Y tenez-vous, vous, monsieur le premier ministre, à nos services? À notre filet de solidarité sociale?

Monsieur le premier ministre, augmentez mes impôts, créez de nouveaux paliers progressifs pour une meilleure redistribution de la richesse et oui, s’il le faut, indexez certains tarifs en fonction du revenu, mais surtout ne touchez pas à l’éducation de nos enfants ainsi qu’aux services pour les plus vulnérables. C’est de notre avenir qu’il s’agit.

 Cordialement,

Guillaume Payette

Citoyen

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