Le tabou

Brouillon datant de juin, je l’ai récupéré ce matin avec quelques petites modifications. Bonne lecture!

Si vous suivez un tant sois peu la twittosphère, un débat semble faire rage et comme tout débat sur les réseaux sociaux, il faut prendre le tout avec un grain de sel. On a parfois l’impression que les débats sur Twitter sont différents reflets de la société, mais bien franchement on parle quand même d’un groupe, ayant souvent les mêmes affinités, s’approuvant mutuellement (plate de même), en éducation du moins. C’est pourquoi je trouve que Twitter est un très endroit inadapté pour échanger et débattre, mais un excellent pour s’échanger de l’information. Un débat, ça prend des parties opposées, une argumentation travaillée et souvent on voit le même côté de la médaille s’obstiner vertement sur des choses qui ne sont pas mutuellement exclusives… et ça c’est quand on ne vit pas dans une bulle, tout simplement.

Toujours est-il, malgré le relatif consensus twittérien datant de mathusalem (environ 2009), je sens des petits débordements (enfin!). Et là, entendons-nous, je n’y vais pas d’une analyse sérieuse. J’essaie simplement de me faire une tête dans ce clivage que je semble percevoir à l’horizon. Dans le coin gauche (juste pour vous embêter) : l’efficacité, l’efficience et les méchantes données probantes à leur service, suppôts de l’OCDE (qui est évidemment Belzébuth réincarné, le démon, pas le chat de la chanson) s’ils en sont. Dans le coin droit, la créativité, la liberté et le salut de l’humanité. Oui, c’est volontairement et vulgairement brossé comme portrait, mais je l’ai dit, je n’ai pas envie d’être sérieux parce ce que ce débat se prend trop au sérieux. Les données issues de la recherche décrivent, point. Après ça, il y a évidemment risque de récupération erronée et il faut rester sur ses gardes, mais en faire fi et se faufiler est, à mon humble avis, un manquement professionnel. Faire preuve d’esprit critique c’est agir à la lumière des informations que l’on a sous la main (après évaluation sérieuse, s’entend). J’aime bien la réflexion de Karsenti tweeté par Jacques Cool il y a quelques jours et rapporté dans un billet du CFORP où il cite Schön et la notion des savoirs d’expérience. D’ailleurs son livre, The Reflexive Practitioner, apporte une lumière intéressante sur la validité de ces savoirs d’expérience. La recherche doit s’y abreuver pour les valider, les diffuser.

C’est comme le débat des compétences versus les connaissances. Je n’arrive tout simplement pas à comprendre en quoi ces deux éléments sont mutuellement exclusifs (après ça, après rencontre de CP, il y a effectivement une position où les connaissances sont effectivement sans importance et j’en fus sidéré) . Tout comme la créativité et la fierté de réussir un examen du ministère. C’est un ou l’autre, jamais les deux. Vous me donnez l’impression que je dois choisir un côté lorsqu’au même moment je ne comprends pas comment vous faites pour créer ces fameux côtés. Si on y va dans les extrêmes (Summerhill vs une école de scribes du 15e siècle), d’accord, ça aide à imager, mais concrètement, tout le monde se situe à peu près au milieu en penchant d’un côté ou de l’autre, en empruntant souvent à l’autre pour son propre côté (vous me suivez toujours?). Je peux évidemment me tromper, mais c’est ce que je perçois, et l’affaire c’est que j’aime être mitoyen, trouver des compromis. Peut-être suis-je idiot de ne pas me rendre compte à quel point vos deux côtés sont mutuellement exclusifs, mais honnêtement, j’en doute (j’ai cette prétention).

Et le truc, c’est qu’un débat sur Twitter, c’est d’une horreur sans nom à suivre et à intervenir. Perso je déteste. Je trouve que c’est très inspirant, très orientant, très outillant, on y fait de superbes rencontres et cela crée des occasions impossibles (ou difficiles) autrement, mais rien ne bat une franche discussion, arrosée siouplait. Ce n’est pas les occasions qui manquent, des USPPP à Clair … ou pourquoi pas un Tweetup? Nouvelle année, petite rencontre?

Retrait passager, retour progressif

C’était plutôt le silence radio depuis mars, qui était encore un billet sur le manque de billets. Si je sors un recueil, ça va être PASSIONNANT. Alors plus sérieusement, j’ai été moins actif dans les derniers mois et c’est bien normal. Plusieurs changements ont eu lieu, dont mon milieu de travail. En juillet dernier, j’ai effectivement quitté mon emploi comme conseiller pédagogique pour relever de nouveaux défis. Les raisons étaient multiples et ce n’est pas l’endroit pour vous en faire part en long et en large. Je devais simplement quitter, car j’avais l’impression de tourner un peu en rond. Les changements que je voulais voir, notamment en lien avec mes mandats, ne pouvaient pas se produire…entre autres choses.

Après sept ans, c’était donc le moment de partir. J’aime énormément la gestion de projets, partir d’une idée du terrain et mobiliser des ressources pour la voir se concrétiser. Avoir une idée, partir à la recherche de partenaires et la voir se matérialiser. Obtenir un mandat spécifique du milieu et le mener à bien. Cette possibilité de jouer sur plusieurs tableaux m’intéresse vraiment. J’ai donc cherché un peu, passé quelques entrevues, malheureusement sans succès. Et c’est peut-être pour le mieux parce que j’ai présentement énormément de plaisir à être de retour en classe. J’accompagne 14 élèves exceptionnels du primaire, tous avec de très grands défis concernant l’apprentissage. Ils font de beaux progrès et ont du coeur à l’ouvrage. Ils sont beaux à regarder travailler. J’ai plusieurs réflexions à partager sur le matériel que j’utilise (plusieurs vont avoir une crise cardiaque), les besoins des milieux, les maudites 30810, le manque de ressources (et conséquemment la débrouillardise nécessaire), etc. Ça viendra.

Alors voilà, c’est un peu pour ça … être de retour en classe, avec du matériel qui n’est pas le nôtre, sans projection pour l’année suivante, bref être de nouveau un « petit nouveau », etc. Tout cela fait en sorte que je me suis éloigné un peu, tout en lisant et en partageant quelques fois sur Twitter. Ce billet se veut un retour progressif … Au plaisir!