ETA6655 (Pratiques professionnelles et éthique) Billet 1 : débrousaillage sémantique

Ce billet est le premier d’une série écrite dans le cadre du cours Pratiques professionnelles et éthique à l’Université de Montréal. Il nous est demandé d’effectuer un journal de bord réflexif suite aux échanges et lectures du cours. Au lieu de garder tout cela en vase clos, j’ai décidé, avec l’accord du professeur titulaire, de publier le tout ici.

De la philosophie! Cela fait un petit bout que je n’ai pas pris un moment pour ce sujet. La dernière fois c’était probablement pour les quelques séances auxquelles j’ai assistées avec le Collège néo-classique (que je recommande fortement d’ailleurs). Prendre mes mercredis soirs à des fins réflexives, je ne dis pas non!

Les premières séances avaient pour but de dresser le cadre qui sera utilisé pendant la session, ce à quoi nous ferons référence en utilisant les mots éthique ou moral, pratique professionnelle, etc. L’ensemble de l’exercice m’a rappelé l’importance des mots, de leur sens. Pas que c’est quelque chose qu’on oublie, évidemment, mais lorsqu’on procède à un exercice réflexif plus en profondeur, notamment de délibération comme ce sera le cas, cette importance en est décuplée. Par exemple, le sens des mots éthique et morale peut varier en fonction des contextes, des auteurs, des champs conceptuels associés, etc. Le professeur Bourgeault n’hésite d’ailleurs pas à écorcher au passage un certain abus du mot éthique (manger éthique, consommer éthique, placements éthiques, etc.). Qui peut être contre la vertu? C’est quand même plus compliqué que ça …

Pour faire bref, dans le cadre de ce cours, nous utiliserons le mot éthique pour ce qui a trait ce que j’appellerais « l’agir bon », de nature plutôt intrinsèque, relevant davantage de la conviction. Le cas du mot « morale » conviendra davantage aux préceptes codifiés, aux règles tacites déterminant l’agir pour le groupe, que ce soit la cité (j’ai toujours rêvé de ploguer le terme, ça fait MBC) ou un groupe plus spécifique, une profession par exemple. Je vois bien quand même la confusion possible, parce que nous pouvons tout à fait utiliser des expressions comme « avoir le sens moral », soit l’équivalent du moral compass anglophone, et je crois que cette utilisation réfère davantage à l’intrinsèque qu’à l’extrinsèque. On me répondra peut-être que justement, chez les Anglo-saxons les deux termes sont utilisés de façon inverse à notre propre héritage latin … Question de choix pour le bon déroulement du cours et éviter la confusion!

Justement, concernant le concept de profession, le second thème a trait à la pratique professionnelle. Dans le cas plus large, on entend par là la direction d’école puisque le cours se donne dans le cadre du DESS en administration scolaire. Pour ma part, j’irai davantage avec le rôle de la profession enseignante, n’étant pas dans ce cours pour les mêmes raisons. À ce sujet, nous avons balisé le terme avec l’équilibre entre trois concepts soit compétence, autonomie et responsabilité. À ce sujet, je crois qu’un autre billet sera nécessaire puisque le débat sur l’ordre professionnel en fera inévitablement partie.

 

 

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